Tootya
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Toufic Farroukh Cd Audio / World Music |
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Référence : OP126 Date de sortie : 1/3/2007 Label : O+ Généralement expédié sous 48 heures Votre prix : 20.00 € |
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| Le jazz sous des angles insolites. Voilà ce qui vient d’emblée à l’esprit à l’écoute de Tootya, le nouvel album de Toufic Farroukh. Des touches orientales, un soupçon d’electronica et des arômes intenses : le nouveau disque du talentueux saxophoniste libanais s’inscrit résolument dans le prolongement de son prédécesseur, le novateur DrabZeen, sorti en 2002. Une pincée de tarab, un trait de drum ‘n’ bass, un soupçon de musique traditionnelle algérienne, et même quelques touches de rap : c’est grâce à des arrangements riches et variés que cet album trouve son originalité, également mise en valeur par les chants mielleux de la très prometteuse chanteuse libanaise Rima Kcheich et de la chanteuse française Jeanne Added. Compositeur, musicien et arrangeur, Farroukh a réussi à marier des éléments du jazz, de la musique classique et de la musique arabe traditionnelle au sein d’un album riche en tons et en rythmes, festif et spectaculaire. A la fois voyage en chansons, reliées les unes aux autres, et témoignage profondément personnel, Tootya (‘Oursin’) est un disque né à l’état brut, un poisson qu’on doit manger seul, une nourriture qui ne vous rassasie pas après une seule écoute, mais qu’il faut savourer patiemment, encore et encore, pour l’apprécier à sa juste valeur. Pour Farroukh, l’analogie avec le voyage constitue un aspect prépondérant de Tootya. « Il s’agit effectivement d’un voyage, explique-t-il, mais d’un voyage inattendu. Il est important de garder ça en tête. Tous les morceaux sont liés entre eux, mais il leur arrive de partir dans des directions opposées avant de se retrouver. J’imagine que tous les morceaux font partie d’un voyage plus grand et sans limites, un peu comme si on visitait une ville avec plusieurs petites excursions inscrites dans une grande. » Tootya est aussi, en partie, un disque pour danser. Ou plutôt un disque avec des éléments de danse. Surtout en ce qui concerne la programmation et la technique. « J’ai composé la musique avec une ambiance de boîte de nuit en tête, en effet, mais sans jamais négliger le côté jazz. Je pense que la musique fonctionne à différents niveaux. » Au sommet de son art, Toufic Farroukh éclabousse toutes les compositions de l’album de son talent. Les soloistes qui l’accompagnent, de Magic Malik à Khcheich, de Added en passant par le chanteur de Kordz, Moe ainsi que la participation de Leandro Aconcha comme pianiste et co-arrangeur, sont également au meilleur de leur forme. Ce sont peut-être les morceaux instrumentaux qui donnent la meilleure idée de l’ambiance de Tootya. On remarque plus particulièrement ‘Radio City’ avec ses merveilleuses parties de trombonne et de nay, ‘Cendres’, et son accordéon joué façon tango, ou encore ‘Systole Diastole’, où les saxophones de Farroukh font assaut d’expressivité. Avec son phrasé économe, un son légèrement mélancolique (‘Scarecrow & Peacock’) et ses solos pleins de tournures inattendus, qui enrichissent un alliage de jazz oriental et de danse particulièrement réussi, Farroukh atteint ici une puissance poétique similaire à celle dont il avait fait preuve sur son deuxième album, Ali On Broadway. La dimension visuelle de cet album doit également être soulignée. « C’est un disque visuel dans la mesure où il nourrit l’imagination, souligne Farroukh. Et cela le lie avec l’idée d’un voyage. Tous, nous poursuivons nos voyages toute la vie. » Un autre élément remarquable est l’usage que fait Farroukh des cordes traditionnelles arabes, mariées à des sonorités électroniques modernes. Prenant ses distances avec le genre moderne oriental tel qu’on le connaît généralement, il signe des arrangements de cordes qui démontrent sa maturité, résultat d’années de travail acharné – voir par exemple ‘Only Lonely’, ‘Ya Habibi’ et ‘Ya Nassim Alrouh’. « J’ai vraiment voulu faire un disque sous forte influence orientale, d’où le nombre de mélodies et de refrains aux sonorités méditerranéennes ; mais pour chacun d’entre eux, j’ai essayé d’improviser, de les enrichir et d’y apporter une touche personnelle. » Et puis il y a Kcheich et Added. Ces deux jeunes femmes chantent avec la sérénité des rossignols – ‘Hanina’ et ‘El Hob’ capturent un son moderne et arabe, transposition de la perception unique que Farroukh a du Moyen Orient, entrelacée avec des rythmes puissants. Les voix envoûtantes des deux femmes transmettent une passion intérieure et une joie teintée de nostalgie. Le saxophone contemporain, l’oud, l’accordéon, la guitare, le trombone et la flûte traversière, poussés jusqu’à la limite où le jazz rencontre les musiques classique et orientale – voici Tootya. Et voici Toufic Farroukh. | ||
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